mardi 30 novembre 2010

Lectures (IV)

Le temps commence à filer. Je viens de commencer La Horde du Contrevent, et la première chose que je me suis dit au bout de trois pages est :

Enfin

J'ai enfin trouvé un nouvel auteur sachant écrire quelque chose d'intéressant dans la fantasy. On a pas idée du nombre d'âneries mal écrites qu'on veut faire passer pour de l'imaginaire avec pour seul horizon un recyclage fade des vieux clichés du genre, et une narration encore plus plate qu'une réunion d'experts comptables.

Alain Damasio, un nom à retenir en tout cas, les belles trouvailles sont tellement rares dans un genre réputé difficile ... Une écriture protéiforme et magistrale, un contenu passionnant, on frôle la perfection stylistique d'une Le Guin et d'un Stefan Wul (les gens qui n'ont jamais lu un seul livre de ces deux auteurs sont priés de parfaire leur culture générale en parcourant le cycle de l'Ekumen et Nôo). Chaque ligne mérite d'être déclamée pour mieux en apprécier les sonorités savoureuses

Je terminerai probablement à la fin de cette semaine ce livre. Si mes premières bonnes impressions se confirment, je pense ajouter une nouvelle référence à ce que je connais déjà, et acheter les yeux fermés chaque livre qu'il écrira.

Qu'il prenne son temps, comme il semble habitué à le faire ; à l'ère du tout industriel, un tel oeuvre n'en brillera que davantage.

mardi 9 novembre 2010

Lectures (III)

 Avant dernier Cycle de Covenant de Donaldson terminé. Belle qualité littéraire.
 Ouvrage sur la posta bientôt terminée. A relire plus attentivement pour une bonne imprégnation de ses idées.

La remise au jour de vieille poésie m'a donné envie d'en refaire. A voir.

Un peu de mélodie

lundi 8 novembre 2010

Deathspell Omega

Ne roulant pas sur l'or, j'ai pu avoir une écoute attentive du tout dernier Deathspell Omega sur deezer. Et d'être à nouveau surpris par ce groupe très particulier.

Deathspell Omega est connu dans l'underground du metal extrême comme pratiquant un black metal aussi malsain que sophistiqué, le tout dans une approche extrêmement érudite de certains points de théologie chrétienne. Après un Fas- Ite, maledicti in ignem Aeternum d'une intensité rarement atteinte dans le genre, tant dans la violence que dans l'atmosphère, proprement irrespirable, je m'attendais à une continuïté et une condensation dans la violence exprimée, en gardant cette ambiance ténêbreuse suffocante.

Je me suis trompé. Si la violence est toujours présente, l'opus se concentre davantage sur les ambiances, empruntant parfois des sentiers un peu saugrenus, comme le mid tempo Dearth, dont les accents désolés peuvent rappeller Cult Of Luna période Somewhere along the highway . Le post hardcore n'a jamais été une influence criante à ce que j'ai pu entendre de leurs méfaits précédents, ni de l'album que je possède.

Le groupe garde cependant sa marque de fabrique à travers des structures assez difficiles d'approche, une violence vindicative évocatrice d'un chaos contrôlé, une batterie quasi free-jazz dans sa propension à éviter la linéarité (Devouring Famine, sorte de mini Fas). La différence réside vraiment dans l'apparition de passages mélodiques au spectre étrangement restreint, aboutissant parfois à des clôtures majestueuses (Epiklesis II, et un Phosphene implacable) pouvant rappeller l'Immolation de Failure for Gods, ou à l'apparition du groove notamment dans les motifs de basse surnageant cet océan de noirceur (Le monstrueux Have you Beheld the fevers?) .

En tant que clôture de leur fameuse trilogie, Paracletus n'est pas une conclusion. L'envisager dans sa continuïté par rapport aux autres albums seraient une erreur -erreur que je me suis fait joie de commettre- cette musique n'est absolument pas là pour éclairer, elle est une évocation imagée d'un concept qui lui même attend un effort particulier de l'auditeur pour être compris et appréhendé. La triple violence est ici : violence de la musique, violence de la démarche artistique, violence de la réception.

Les trois voies pour amener l'auditeur à la clarté des ténèbres.

Deathspell Omega - Paracletus

jeudi 4 novembre 2010

Proverbes et maximes (I)

Il y a trois manières d'enfouir la curiosité :
 
- ne rien dire du tout pour ne rien transmettre.
- tout dire du rien pour ne transmettre que le rien
- tout dire du tout pour ne rien transmettre du tout.
 
Dans une démocratie, le risque constant de l'éducation se borne à cela. Et l'éducation ne se borne pas qu'à celà.
 

Godwin

Lectures (II)

J'ai interrompu la lecture du Degré zéro de l'écriture de Barthes, qui demande une bonne concentration (lire barthes se fait avant tout le soir, quand l'attention n'est pas court circuitée) ; j'ai tenté un moment celle de Pygmy, le dernier palahniuk (l'écrivain du "Fight Club"), avant de rapidement renoncer devant l'indigence de l'auteur à présenter une intrigue intéressante à son lecteur.
 
Je lui donne encore une dizaine de page avant de le renvoyer là où il n'aurait jamais dû sortir
 
Par contre, j'ai commencé Ethique et Politique de Schopenhauer avec un certain plaisir, ce qui me convainc de rattraper mon retard dans la connaissance de sa pensée.
 
Sur Internet, je suis pour l'instant intéressé par le lien média - politique - novlangue - subversion. Autant dire qu'il me faudra bien chercher avant de trouver quelque chose de potable. Acrimed, et mouvements.info sont cependant d'une grande aide (La Chronique Marseillaise, comprenne qui pourra, a été particulièrement instructive)
 
Pour wow, il est toujours aussi drôle de lire les débats sur le forum Jcj (c'est une récréation bienvenue), et il m'arrive de regretter le temps où je pouvais y poster quelque chose.

Avatars

 
Ce que j'apprécie le plus avec Internet, c'est cette possibilité de changer de nom comme de chemises, et de bénéficier d'un relatif anonymat dans mes actions d'internaute. Cependant, deux évènements m'ont fait réfléchir sur ce sentiment de confort : 1- la difficulté à résilier un compte créé sans passer par une lettre avec AR et photocopie d'identité ; 2- un lifeban d'un chan IRC (celui du Netophonix en l'occurence) après avoir trollé sur un changement de pseudonyme.
 
Les éléments suivants me sont apparus :
 
1- l'anonymat est un mensonge sur internet, ce qui semble être librement donné ne l'est pas. Par conséquent – et dieu seul sait si une leçon a toujours besoin d'être rabâchée pour être appliquée – il ne faut pas donner de renseignements personnels par ce biais, non pas en vertu d'une conservation de sa liberté personnelle, mais afin de limiter la circulation d'informations personnelles. Il faut mentir sur tout, donner des informations contradictoires et invérifiables, et déserter les médias de socialisation, qui ne sont qu'un moyen convivial de profiler les internautes.
 
2- la possibilité de se créer des avatars multiples ne signifie pas que les gens voudront renoncer à l'identité unique ; nous pourrions même dire que les avatars ne sont qu'un moyen de renvoyer à une même identité sans s'y référer directement, et instaurer une ambiance conviviale. Dit autrement, l'avatar n'est qu'un biais bénin à l'angle duquel on veut être considéré dans son authenticité. Ou encore, l'avatar n'est qu'un moyen de simuler l'anonymat , alors qu'au final, on s'est juste inventé un nom sur internet, qui ne diffère en rien du rôle de notre patronyme de naissance dans la société. Dommage, je trouve qu'internet ne devrait pas se cantonner à répéter les mêmes habitudes de notre société.
 
3- Je me demande également si ma volonté de multiplier les pseudonymes, avatars, et tutti quanti, correspond réellement à une liberté plus grande, ou si ce n'est qu'un enfermement dans la dispersion : ne pouvant agir avec cohérence dans une optique générale, je finis par privilégier des actions dispersées en leur attribuant des profils précis. Ce qui montre qu'internet ne me permet pas d'être davantage libre, mais juste davantage permissif par rapport à une incapacité à organiser les choses. Je me fixe donc des carcans à travers une marge plus grande d'expression.
 
La liberté permet aussi de ne pas s'en servir. Il suffit de le vouloir. 
 
 

Le Grand Raptor

Cette question n'a de sens que si elle en a.